Route_Yde

Yaoundé pour les usagers : Démarrage en côte, glisse et klaxons !

Ah ! Yaoundé ! Cette chère capitale politique aux divers aspects, elle a plusieurs noms la demoiselle ; Ongola pour les plus anciens de nous, Ngola pour les jeunes de chez nous, la ville aux sept collines pour les géographes parmi tant d’autres… Pour les usagers de la route c’est surtout cette dernière appellation qui est intéressante. Oui, qui dit Yaoundé, dit colline et qui dit colline dit démarrage en côte pour tout usager. Et ce ne sont pas les usagers qui ont déjà subi un embouteillage sur la montée Anne Rouge et sur la monté du commissariat central qui me diront le contraire… Ngola est essentiellement composé de relief à dénivellation et tout « driver » qui a été dans une auto-école doit savoir comment gérer ce genre de relief « pas très agréable pour rouler ».

En parlant de relief désagréable, la majeure partie des routes de la ville n’est pas goudronnée, pire toutes les voies prévues par le plan d’urbanisation ne sont pas effectives (il existe même des habitations sur des chemins prévus d’où leur destruction, pour le salut du plan d’urbanisation, mais il s’agit là d’un autre débat). Pendant la saison sèche, les routes de terre jouissent  de nuages de poussière qui colorent la végétation et les habitations, avec la fameuse couleur marron qui nous rappelle qu’on est dans un quartier « genre » et fais ressembler nos véhicules au fameux « taxi-brousse ». Et le plus intéressant est pendant la saison des pluies :

  • Inondations : Elles bloquent certaines voies contraignant les populations à rester chez elles, et les usagers qui se sentent courageux prennent le risque de noyer le moteur de leur voiture (moteur endommagé par l’infiltration d’eau dans le circuit de fonctionnement).
  • La boue : Elle peut atteindre une hauteur de plus de 10 cm dans certaines zones et les voitures qui ne sont pas des véhicules tout–terrain ne peuvent pas toujours s’y déplacer ; dans la boue, la direction que prend un véhicule est très instable, ajoutez à cela le fait que la glisse se déroule sur un plan incliné jonché de précipices, on a le scénario parfait pour un film d’horreur… Quoique, tout dépend des fois, du talent du chauffeur… (Sourires).

Au niveau du centre-ville, La circulation n’est pas si aisée qu’on pourrait le croire. En effet, les usagers y relèvent des défis au quotidien qui sont entre autres :

Les taximen : Nos chers taximen, dont on ne peut se passer, ont parmi tant d’autres  la fâcheuse habitude de s’arrêter pour le ramassage des clients, sans même daigner clignoter, les dépassements intempestifs incontrôlés et un manque accru de galanterie quand il s’agit de céder le passage aux autres usagers qui ont la priorité de passage selon la situation. Ils conduisent comme si ils emmènent un blessé grave à l’hôpital ; mais pas du tout vu que l’urgence est de discuter avec la concurrence, le client situé à 50 mètres sur le bas-côté. Ce qui peut causer des accidents et autres désagréments… Face aux situations précédemment énoncées les conducteurs et conductrices à titre personnel ont le choix entre laisser l’action hasardeuse se dérouler sur le nez et d’en assumer les conséquences (accrochage dans la plupart des cas) soit être vigilants en se préparant toujours éviter le scénario le plus péjoratif c’est-à-dire en utilisant klaxon ! Sans klaxon tu es fini ! Passer une journée dans la circulation et de ne pas se servir de son klaxon  est  tout bonnement impossible ! La preuve, sur 5 taximen, 3 ont une conduite irresponsable,1 adopte une conduite dangereuse et 1 seul a une conduite exemplaire ( de véritables « extra-terrestres » dans leur métier et eux- même le disent d’ailleurs).

Les embouteillages : Des bouchons se créent de plus en plus dans les points stratégiques d’échange de la ville aux heures de pointe (le matin et le soir). En réalité le parc automobile de la ville a pratiquement triplé, voir quadruplé depuis les années 70’s. Et le pire est que très rares sont les kilomètres de routes qui ont été ajouté au tronçon de la ville, une fois de plus, il s’agit là des projets « en cours de réalisation », mais n’entrons pas dans la polémique…Toujours est-il que pour tout participant à ce phénomène, stress, migraine et  fatigue sont les fruits à récolter de cette activité imposée par les légèretés des uns et des autres au volant.

Pauvre code de la route : Pour certains usagers, il se résume au respect des feux de signalisation et à la priorité à droite ; les signalisations passives comme les lignes continues et les « stop » sont complètement banalisées voir boycottées. On essaie tant bien que mal de les respecter à la vue des forces de l’ordre dans la zone, mais bon déjà faudrait–il  que ces derniers soient réactifs à ces petits manquements à la règle établie. En réalité, les infractions des automobilistes sont tellement nombreuses qu’il semblerait qu’on en considère certaines  en dépit des autres.

Toutefois, la vie des usagers n’est pas si libérale, et leur apparent libertinage par rapport au code de la route est durement sanctionné pour ceux qui ont l’infortune, d’être au mauvais endroit et au mauvais moment (amendes, sabots et mises en fourrière sont le « dada » des agents de la fourrière dans la ville). De plus, l’adoption de sanctions actualisées est un must depuis peu… Oui, tout usager surpris avec son téléphone portable à la main ou qui mange pendant qu’il circule se verra attribuer une amende 25 000 francs CFA ! De quoi booster les uns et les autres au respect de la règle établie…Nous ne pouvons dire si ce sera suffisant pour améliorer la vie urbaine dans Yaoundé, mais nous ne pouvons qu’encourager les actions qui vont rendre la vie urbaine plus aisée pour tous. Comme quoi, avoir un véhicule chez nous est peut être associé à une maîtrise du démarrage en côte, de la glisse et à une vigilance particulière par rapport aux autres, mais peut-être bientôt d’un respect engagé du code de la route.

Photo Source: http://melodiousp.tumblr.com/

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