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Police

Eglises au Cameroun : Force est (enfin) à la loi

Le Cameroun est un pays laïc, qui affiche fièrement la totale liberté de religion et de culte, dont jouissent ses populations depuis des décennies. C’est ainsi qu’on a pu au fil du temps, assister à l’éclosion de diverses églises, à côté des conventionnelles églises chrétiennes catholiques et protestantes.  « L’Eglise Du Dieu Vivant », « Fraternité de la foi rayonnante », « Ministère de la montagne de feu et du miracle », « Healing Spirit », telles sont les dénominations choisies par cette nouvelle vague d’églises : toutes en ostentation et en suffisance. La liberté de culte a tellement été exploitée, qu’il est pratiquement impossible de parcourir 200 mètres dans les rues de nos villes, sans tomber sur une église, ou ce qui en tient lieu. Qui a dit prolifération anarchique ? Domicile particulier (souvent celui du pasteur, messie, général de dieu, pour ne citer que ceux-là) locaux d’un lycée (après la fin des cours, bien entendu), terrain vague, tout endroit est susceptible de recevoir les fervents croyants de ces églises, dites réveillées.

Les derniers sondages font ainsi état de plus de 500 églises, exerçant dans l’ensemble du territoire national, dont seulement quarante-sept sont reconnues par l’administration. En effet, La loi n° 90/53 du 19 Décembre 1990 portant sur la liberté d’association et celle n° 99/011 du 20 Juillet 1999 modifiant et complétant certaines dispositions de la loi n° 90/53 du 19 Décembre 1990, mettaient les églises sous le régime de l’autorisation auprès du ministère compétent en la matière qui, en l’état, était le Ministère de l’Administration Territoriale et de la Décentralisation. C’est donc à dire que la grande majorité des églises en activité exerçaient dans la plus pure des illégalités, n’ayant pas obtenu le feu vert du gouvernement.

Le statu quo a été maintenu pendant près de vingt ans, les pouvoirs publics se montrant assez permissifs envers les contrevenants. Malheureusement, cet état de choses a entrainé beaucoup de dérives. Notamment la transformation de la foi en une espèce de business : vous voulez obtenir le visa ? Trouver un mari ? Réussir vos examens (et ce même sans étudier)? Rendez-vous à l’église du véritable sacrément, et le prophète XX réglera tous vos problèmes. Pas la peine d’apporter de l’eau de votre domicile pour la faire bénir, des bouteilles préalablement bénies vous attendent au temple, souvent à des prix exorbitants. Il existe même des églises qui organisent des veillées de prières, dont l’accès se paie au prix fort de 10000 FCFA par croyant. Les dirigeants de ces églises, virtuoses de la prose, profitent ainsi de la crédulité du peuple, et des conditions de vie difficiles de notre pays, pour s’enrichir, tout en appauvrissant encore plus leurs fidèles. Le mal ne s’arrête pourtant pas aux finances. On a ainsi plusieurs exemples de personnes qui se sont laissé mourir à petit feu, parce que leur toute  nouvelle confession leur interdisait d’aller à l’hôpital.

La prolifération des dérives et autres forfaits commis par ces nouveaux « hommes de Dieu » a finalement poussé certains à tirer la sonnette d’alarme, et à sortir les pouvoirs publics de leur léthargie. La loi de n° 90/53 du 19  Décembre a donc de nouveau été modifiée, et conditionne désormais la création et l’ouverture d’une église à l’obtention d’un décret du Président de la république. Autant dire qu’il s’agit ici d’une mesure dissuasive, qui interdit pratiquement la création de nouvelles églises. De plus, on assiste depuis quelques mois à la fermeture de plusieurs églises, dont le caractère illégal a été avéré. C’est le cas à Bafoussam, où une vingtaine d’églises ont été dernièrement mises sous scellés par le sous-préfet de Bafoussam I, Didier Bidja. Le même procédé a lieu dans les villes de Douala et de Yaoundé, ainsi qu’un peu partout dans le triangle national. La nouvelle loi a été globalement bien accueillie, notamment par cette partie de la population qui se sent concernée par les nuisances, aussi bien sonores, sociales qu’économiques, occasionnées par ces églises.

Ceci dit, certaines personnes ne voient pas d’un bon œil ces nouvelles dispositions. Selon elles, les affaires de la foi ne sont pas du ressort du gouvernement.  Une telle immixtion serait d’ailleurs –toujours selon elles- une grave entorse à cette liberté de culte, si fièrement vantée par nos autorités. Certains dirigeants d’églises n’hésitent d’ailleurs pas à briser les scellés, et à relancer leurs activités une fois les autorités parties. « Je ne rends des comptes qu’au très haut, pas à l’administration » déclare l’un d’eux. Mal lui en a  pris, car il médite actuellement sa témérité dans les cellules d’un poste de police.  D’autres parties, tout en comprenant tout à fait les raisons des fermetures de certaines églises, ne s’expliquent pas le côté « légitimation  des églises conventionnelles, surtout l’église catholique romaine ». Interrogé, un particulier déclare « Non content de fermer les autres églises, on a l’impression que le gouvernement nous pousse vers les catholiques et les protestants, les présentant comme la norme religieuse dans notre pays ».

La question se pose en effet. Sur les ondes radios et télés, on a vu les représentants des églises « conventionnelles » sortir du mutisme médiatique qui leur est habituel, et faire d’innombrables apparitions pour reconquérir les fidèles laissés libres par les églises réveillées. Certains n’ont pas besoin de tant, pour développer des théories de complot.

Quoi qu’il en soit, même si elle arrive assez tard au gout de certains, la fin de cette tolérance administrative s’apparente indubitablement à un vrai bol d’air. Quitte à passer pour le « diable annonciateur de la fin des temps », comme le désignent désormais certains, le gouvernement joue là son rôle légitime de régulateur de la vie sociale. Et Dieu sait, si le paysage religieux au Cameroun avait besoin d’un zeste d’ordonnance. Le suivi de la nouvelle mesure incombe aux autorités territorialement compétentes (Préfet, Sous-préfets, etc.)  et aux forces de maintien de l’ordre. Ladite mesure ne souffre par ailleurs pas d’exception, nul n’étant censé ignorer la loi. Même les autoproclamés représentants de Dieu sur Terre sont obligés de s’y conformer, sous peine d’emprisonnement et de poursuite judiciaire. Dieu reconnaitra les siens, et les fera libérer.

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